OGM : le Collectif citoyen pour l’agro-écologie en croisade contre Monsanto

Ouagadougou abritera du 22 au 24 avril 2016, les rencontres internationales des résistances aux organismes génétiquement modifiés (RIR OGM). Ce rendez-vous mondial initié par le collectif citoyen pour l’agro-écologie (CCAE) sera l’occasion pour les activistes et scientifiques de constituer un bloc uni contre la firme américaine Monsanto qui« avance dans l’ombre alors que le coton BT recule ».

 

C’est connu, les cultures transgéniques ont des conséquences néfastes sur l’écologie, l’économie et la santé des populations. Conscientes de cela, il existe depuis une décennie des organisations en croisade contre les OGM. Au rang de celles-ci figure le collectif citoyen pour l’agro-écologie (CCAE). Après avoir battu le macadam contre Monsanto et pour la souveraineté alimentaire, organisé plusieurs activités d’alerte sur la menace OGM et l’accaparement des terres, le collectif revient sur la scène avec un autre événement d’envergure mondiale qui verra la participation de plusieurs pays d’Afrique et des représentants de chaque continent. Il s’agit des rencontres internationales des résistances prévues pour se tenir les 22, 23 et 24 avril prochains à Ouagadougou.

Des figures anti-OGM attendues à Ouaga

Dans la déclaration liminaire du groupe lue par Ali Tapsoba, il ressort que l’événement est coparrainé par des sommités telles que Vandana Shiva, la bête noire de Monsanto en Inde ; Marie-Monique Robin, auteure du livre « Le monde selon Monsanto » et réalisatrice du film « Argentine, le soja de la faim » ; le syndicaliste agricole José Bové, le juriste belge Olivier Schutter, l’artiste ivoirien Alpha Blondy, le chanteur français Manu Chao, l’environnementaliste Sofia Gatica. Outre ceux-là, il a été annoncé la présence de scientifiques et représentants religieux burkinabè.

Un programme attractif

Durant 72h, les participants à ces rencontres se pencheront, à travers des ateliers, sur l’univers des OGM et l’état des lieux de la résistance internationale, le projet d’un Front africain pour la souveraineté alimentaire, etc. Il est prévu également des projections de film et vidéos dépeignant les situations qu’endurent plusieurs pays du fait des effets néfastes des cultures transgéniques. Pour l’aspect institutionnel, une délégation des « anti OGM » prévoit rencontrer le président de l’assemblée nationale burkinabè et le ministre de l’agriculture.

Appel à l’éveil des consciences

Au cours du point de presse, les animateurs se sont également appesantis sur les inconvénients des OGM et de la force de frappe de Monsanto qui a acquis à sa cause des politiques et des chercheurs. Pour eux, les OGM sont responsables de l’épuisement des sols et des ressources en eau, de l’extinction de la biodiversité et de l’appauvrissement des paysans qui voient leur coton perdre de la valeur du fait de la taille de sa fibre. Pour Ibrahim Ouédraogo de la COPAGEN (Coalition pour la protection du patrimoine génétique africain), les tentacules de Monsanto vont simplement « très loin ».

Toutefois, il relève que c’est « quand la prise de conscience sera la plus large possible » que progressivement la résistance sera effective. Aussi, le collectif a-t-il appelé le peuple à s’informer, s’organiser et se mobiliser pour son avenir et son indépendance notamment à travers l’adoption d’un moratoire contre les OGM. 

Cette année, la journée mondiale des marches contre Monsanto et les organismes génétiquement modifiés se tiendra le 21 mai prochain à Ouagadougou, à Houndé et à Bobo-Dioulasso.

Herman Frédéric BASSOLE
Lefaso.net