« Voix pour le changement » : Neuf OSC affinent leurs stratégies de plaidoyer

L’Organisation néerlandaise de développement (SNV) a organisé un atelier de renforcement de capacité au profit de neuf Organisations de la société civile (OSC) à Ouagadougou du 5 au 7 septembre 2016. Ces Organisations qui interviennent à divers niveaux pour le développement des couches vulnérables ont été outillées pour structurer et maitriser leurs actions de plaidoyer. Ils pourront ainsi influencer les décideurs pour la prise en compte des ‘’sans voix’’ dans les politiques de sécurité alimentaire et nutritionnelle, de résilience dans le pastoralisme, et d’énergies renouvelables.

 

Le ministère néerlandais des affaires étrangères est conscient de la place prépondérante des Organisations de la société civile (OSC) dans la prise en compte des préoccupations des couches vulnérables, très souvent loin des centres de décision. A travers la SNV, il a donc entrepris de former des OSC pour influer sur les décisions des dirigeants afin qu’ils prennent en compte les préoccupations des personnes vulnérables.

Cet atelier visait donc à renforcer les capacités des participants en matière de plaidoyer et à définir un plan de plaidoyer clair contribuant à une meilleure prise en compte de la voix des OSC ; ces plans de plaidoyer se focalisent sur trois thématiques, notamment « la sécurité alimentaire à travers les exploitations familiales », « l’accès aux services de qualité d’énergies renouvelables », et « l’application des lois sur le pastoralisme ».

Cette formation, deuxième du genre, intervient après un précédent organisé en fin mai 2016. Cette dernière a permis particulièrement de  Finaliser les documents élaborés par chaque OSC (plan de plaidoyer, analyse de contexte, théorie de changement, situation de référence) ;

  Faciliter la compréhension de l’environnement politique

Améliorer la compréhension et les connaissances des participants sur la recherche et l’utilisation des preuves pour mener un plaidoyer.

C’est un bilan « de satisfaction totale » que le coordonnateur national du projet a dressé à l’issue de l’atelier. Mahamadou BADIEL en veut pour preuve que depuis le premier atelier, des « grands changements » sont intervenus dans la chaine de résultats des OSC bénéficiaires. « Nous avons vu que les OSC se sont appropriées » le contenu de la formation, s’est-il réjoui.

La collaboration entre différents partenaires à travers l’harmonisation des outils et instruments de plaidoyer adaptés aux besoins des groupes vulnérables est très stratégique pour obtenir des résultats efficaces et efficients qui contribueront à un environnement favorable par des changements durables. C’est la conviction de la directrice pays de SNV. Pour Jeanette DE REGT, ce renforcement de capacité des OSC permet de mieux travailler, ensemble. « Aucun de ces acteurs au plan individuel ne peut faire tout le travail, il faut unir les forces et c’est ce que nous voulons promouvoir », a-t-elle précisé.

En attendant octobre…

Après cet atelier, les documents produits seront partagés avec le siège de la SNV à la Haye aux Pays-Bas qui à son tour les communiquera avec le ministère des affaires étrangères. A la suite de tout ce processus, les documents seront validés au plus tard en Octobre, a indiqué le coordonnateur national du projet. « A partir de ce moment, nous allons commencer la mise en œuvre de ces plans de plaidoyer. La SNV et son partenaire IFPRI accompagneront ces OSC sur cinq éléments clés : le leadership, le plaidoyer, la recherche et la création de preuves, les connaissances thématiques, et la durabilité organisationnelle », a poursuivi Mahamadou Badiel.

En rappel, le projet « Voix pour le changement » intervient dans six pays à savoir le Burkina, le Ghana, le Rwanda, le Kenya, le Honduras et l’Indonésie. Ce programme d’une durée de cinq ans vise à créer un cadre de renforcement des capacités des OSC en plaidoyer et lobbying afin de permettre à celles-ci d’exprimer plus efficacement des points de vues alternatifs ou dissidents dans un contexte dynamique et de plus en plus global.

La formation a pris fin par une remise d’attestations aux participants.

Propos de participants
Réné Millogo, responsable de la Plateforme d’action à la sécurisation des ménages pastoraux(PASMEP)

Nous avons eu l’avantage de mieux analyser le contexte de développement rural, plus précisément le contexte lié aux questions de pastoralisme, d’énergie renouvelable, mais aussi de sécurité alimentaire. Le contexte évolue.

Nous particulièrement dans notre groupe, nous avons analysé le contexte en lien avec le pastoralisme, parce qu’il y a des textes, des politiques qui sont élaborés depuis un certain nombre d’années, mais le contexte ayant évolué, il est nécessaire que ces textes soient revus et adaptés. Je veux parler de la décentralisation, des questions de changements climatiques qui n’avaient pas été prises en compte au moment d’élaborer la loi d’orientation relative au pastoralisme. Sur ce point, nous avons beaucoup appris à travers des exercices d’analyse du contexte.

Pour ce qui concerne le plaidoyer, je suis moi-même formateur en plaidoyer, mais j’avoue que j’ai beaucoup appris par rapport à la méthodologie. Les organisations ont l’habitude de faire du plaidoyer, mais ce n’est pas assez structuré, on ne prévoit pas les indicateurs, les objectifs très clairs, les groupes cibles ne sont pas non plus très clairs, cela nous a permis d’être mieux outillés.

Dieudonné Sanou, de l’Organisation catholique pour le développement et la solidarité (OCADES)

Nous avons été initiés à l’analyse de l’environnement politique lié à des thèmes de plaidoyer pour lesquels nous voulons qu’il y ait un changement dans notre pays. Notamment le plaidoyer pour un accès des populations aux énergies renouvelables de qualité, pour la sécurité alimentaire et la nutrition, la résilience dans le pastoralisme.
Nous avons analysé l’environnement politique, sur le processus d’élaboration des lois, du budget, des parties prenantes à influencer pour évoluer vers le changement escompté. Nous avons été aussi initiés sur le processus pour l’utilisation des preuves pour le plaidoyer (il faut donner des preuves à celui qu’on veut convaincre. Ces preuves sont basées sur des publications irréfutables, scientifiques).

Le rôle de toute OSC, c’est d’être le porte-voix des populations auprès des décideurs. Nous faisions du plaidoyer, mais lors de cette formation, nous avons appris à mieux structurer notre plaidoyer, à mieux l’organiser, mieux cibler les parties prenantes qui permettront d’avoir plus de résultats.

Tiga Cheick Sawadogo
Lefaso.net