Filière lait : PREFERE, pour redynamiser la mini laiterie de Tambolo

Pô, chef-lieu de la province du Nahouri a abrité, vendredi 18 novembre 2016, l’atelier de lancement du Projet de renforcement de l’émancipation socioéconomique des femmes de Tambolo à travers la rentabilité économique de leur mini laiterie (PREFERE). Initié par la Plate-forme d’actions à la sécurisation des ménages pastoraux (PASMEP), cette rencontre avait pour objectif de mettre les bénéficiaires au parfum du projet afin qu’ils se l’approprient amplement.

 « Consommons ce que nous produisons ». Pour les producteurs locaux de lait, ce « slogan » n’a jamais été aussi menacé depuis la levée des quotas laitiers en Europe. Une levée qui asphyxie l’écoulement des produits laitiers dans les pays du Sud car le marché est inondé du lait en poudre importé. A Tambolo, village situé à quelques encablures de la ville de Pô, la mini laiterie du groupement féminin Zemstaaba, après trois ans de fonctionnement, peine à maintenir son offre en saison sèche à cause de la faible production du lait local.

Pour pallier ces difficultés et dans le souci de renforcer l’émancipation socio-économique des femmes de ladite localité, la Plate-forme d’actions à la sécurisation des ménages pastoraux (PASMEP) a élaboré et soumis un projet qui a bénéficié d’un financement de 50 millions de francs CFA du Fonds Commun Genre. Afin de mettre les populations de Tambolo au parfum de ce projet prévu pour durer du 1er octobre 2016 au 31 décembre 2017, un atelier a été organisé samedi dernier.

Activités prévues

Le renforcement de la rentabilité de la mini-laiterie de Tambolo passe avant tout par l’amélioration du potentiel génétique des espèces bovines. A cet effet, depuis 2010, note René Millogo, coordonnateur national de la PASMEP, deux géniteurs Goudali ont été introduits dans le village. Le troupeau compte à présent une dizaine de métissés. Et le présent projet qui vient consolider les acquis de la mini laiterie, compte acquérir deux autres géniteurs Goudali du Nigéria. Les acteurs du projet espèrent ainsi quadrupler la production de lait en passant de 15 litres à 60 litres d’ici décembre 2017.

La recherche de débouchés intéressants

Plusieurs autres activités sont prévues durant les quinze mois de mise en œuvre du PREFERE. Le projet compte appuyer la formalisation de cinq centres de collecte de lait, acquérir du matériel complémentaire de collecte tels que des bidons en aluminium, des lactodensimètres et des acidimètres. Du matériel lié à la transformation et aussi à la commercialisation seront également acquis et subventionnés par le projet tel que deux tricycles, une moto, un congélateur, des emballages biodégradables.

Pour ce qui est du marketing, les femmes du groupement Zemstaaba bénéficieront d’un recyclage sur la gestion de la mini-laiterie et seront guidées dans la recherche de débouchés tels que le camp Thomas Sankara ou d’autres structures institutionnelles.

Un ouf de soulagement

 

Pour la secrétaire générale de l’union nationale des mini laiteries, Mme Diabi/Diallo Mariam, ce projet est le bienvenu car il constituera un ouf de soulagement pour les 52 femmes du groupement Zemstaaba qui ne demandent qu’à s’auto-prendre en charge, développer l’économie locale de leur village, fort de 3370 habitants, et amener les Burkinabè à croire en la qualité des produits made in Burkina.
Présent à l’atelier, le maire de la commune de Pô a d’ores et déjà donné son accord pour une exposition des produits laitiers du groupement lors d’une session du conseil municipal. Par ailleurs, il a émis le vœu que la mini-laiterie de Tambolo soit précurseur d’une industrie laitière dans la commune de Pô.

En attendant, René Millogo a donné rendez-vous à l’ensemble des acteurs, fin décembre prochain, pour dresser le bilan du projet dont la réussite dépendra à 80% des bénéficiaires, ce qui permettra sans doute de consolider le partenariat entre la PASMEP et le consortium de bailleurs du Fonds Commun Genre.

Herman Frédéric Bassolé
Lefaso.net

Liens utiles : http://pasmep.org/

Brève présentation de la PASMEP

Dans un contexte marqué par la décentralisation, les changements climatiques, la raréfaction des ressources foncières et pastorales, le devenir des pasteurs, des agropasteurs et du pastoralisme doit être pris en compte dans les politiques et stratégies à tous les niveaux. D’où le bien-fondé de la création de la Plate-forme d’actions à la sécurisation des ménages pastoraux (PASMEP) en 2013. Elle a pour mission de promouvoir les droits fondamentaux et la participation citoyenne des communautés pastorales et agropastorales.

 

Depuis juillet 2014, la PASMEP met en œuvre le projet de renforcement des capacités des organisations pastorales du Centre-Sud (PRECOP/CS) dans six communes (Pô, Guiaro, Tiébélé, Béré, Bindé et Guiba). 40 groupements sont encadrés dont le groupement Zemstaaba.

 

Source : Dossier de presse