Produisez vous-même la nourriture de vos vaches !

Face aux conditions de plus en plus difficiles pour alimenter les vaches et produire beaucoup de lait en saison sèche, une alternative s’offre aux productrices de lait : produire elles-mêmes la nourriture qu’il faut pour leurs vaches. C’est le but poursuivi par PASMEP en organisant en juin dernier un atelier de formation en production fourragère au profit des femmes du groupement Zemstaaba de Tambolo.

Cultiver du fourrage pour nourrir vos vaches !Tel est le leitmotiv que PASMEP tente depuis plusieurs années d’inculquer aux fournisseuses de lait à la laiterie de Tambolo. Un adage populaire dit qu’à  défaut de la mère, le bébé tête sa grand-mère. Ceci, pour montrer que les temps changent et il faut s’adapter. De nos jours, les pasteurs de Tambolo et d’autres contrées doivent faire face à une       réduction drastique du fourrage naturel. La faute aux actions anthropiques (feux de brousse, utilisation d’herbicides…), aux changements climatiques (diminution des pluies, inondations …) et à une très forte pression démographique et foncière. Conséquence : il existe très peu de pâturage disponible en saison sèche comme en saison pluvieuse. A cela il faut ajouter le manque d’eau. Que faire alors pour que le lait ne manque pas à la laiterie de Tambolo, une unité économique appartenant aux femmes du groupement Zemstaaba.

Changer les mentalités pour des perspectives nouvelles !

Certains disent qu’ils ont « toujours nourri leurs animaux grâce au fourrage naturel et il en sera ainsi ! » D’autres, à travers la prise de conscience née des précédentes formations initiées par PASMEP à Tambolo, ont franchi le pas. Mais ils ne sont pas nombreux. Alors dans le cadre du PREFERE (projet de renforcement de l’émancipation socio-économique des femmes de Tambolo via la rentabilité de leur mini laiterie) financé par le Fonds Commun Genre via Diakonia, « cette activité a été remise au goût du jour pour former 120 personnes », explique Mme Valéa, chargée de suivi et développement organisationnel à PASMEP. La formation qui a eu lieu durant le mois de juin a porté sur l’importance des cultures fourragères et sur les itinéraires techniques de différentes spéculations (sorgho, maïs, soja, niébé) propices à l’alimentation des vaches laitières.

Dans le cadre de ce projet, l’accent est mis sur les cultures fourragères à double fin, destinée aussi bien aux hommes qu’au bétail. Mr. Ablassé Ouango, Directeur provincial des ressources halieutiques du Nahouri (DPRAH/NHR), a expliqué que le fourrage est meilleur au moment où la plante (maïs, sorgho..) arrive à épiaison. A cette période, il est très nourrissant pour le bétail. Il a conseillé aux femmes de choisir ce mode de culture pour produire suffisamment de lait. Ce qui leur permettrait de se passer de sous-produits agro industriels (SPAI), donc de réaliser des économies.

Un conseil bien accueilli par l’ensemble des participants. A l’issue de la formation, les femmes se sont engagées à cultiver cette année les espèces fourragères suivantes : le maïs, le sorgho, le soja et le niébé. Elles ont également requis l’appui technique de la DPRAH/NHR pour pratiquer l’ensilage en septembre. Les hommes quant à eux se sont engagés à cultiver les espèces à double fin et à mettre à la disposition de leurs épouses plus de terres pour la production fourragère. Vivement que les terres promises aux femmes soient nourricières !

Boukari OUANGRAOUA

Chargé de communication / PASMEP