PLATE-FORME D’ACTIONS POUR LA SÉCURISATION DES MÉNAGES PASTORAUX

Plan stratégique

Quelle orientation à l’horizon 2025 

L’Orientation Stratégique de Développement (OSD) de la Plate-forme d’Actions pour la Sécurisation des Ménages Pastoraux (PASMEP), est le cadre général d’intervention ciblé pour l’horizon 2025. Ce cadre stratégique définit les principes fondamentaux, les stratégies générales ainsi que le cadre institutionnel de développement. Il fait également mention des projets et programmes opérationnels prioritaires éligibles par PASMEP.

Le processus d’élaboration du plan stratégique a privilégié l’approche participative, inclusive et itérative impliquant les premiers concernés (les communautés de base), les services déconcentrés de l’Etat, les organes de décision (Conseil d’Administration et Assemblée Générale) et l’équipe de Coordination Technique de PASMEP.  

Ce document fait l’économie de l’OSD. Il présente les deux composantes. La première est celle concernant le soutien à la sécurisation et à l’autopromotion des ménages pastoraux et agropastoraux. La seconde concerne le renforcement des capacités institutionnelles de PASMEP. Le document présente également les axes stratégiques de développement et les stratégies de mise en œuvre et de suivi.

Pourquoi le pastoralisme?

Au Burkina Faso, l’élevage est pratiqué par plus de 80 % de la population. Avec un cheptel national estimé à près de 10 millions de bovins, 19 millions de petits ruminants, 35 millions de volailles et 2 millions de porcins. Le sous-secteur de l’élevage contribue pour plus de 18 % du Produit Intérieur Brut. Ce secteur constitue le troisième produit d’exportation du pays après l’or et le coton.

L’élevage pastoral est une activité pourvoyeuse d’emplois et constitue un facteur d’intensification des exploitations agricoles familiales par la traction animale et la fertilisation des sols. Il est un moyen par excellence d’intégration agriculture-élevage. Malgré  cette importance, l’élevage pastoral reste confronté à de nombreuses contraintes et à des défis qui limitent son développement.

La mise sur pied de l’Association PASMEP a été rendue nécessaire non seulement pour valoriser les acquis du projet pilote en matière de développement rural, mais pour répondre à un souci de positionnement stratégique dans un contexte où la problématique du pastoralisme et de l’agropastoralisme reste un défi majeur à relever au Sahel en général et au Burkina Faso en particulier.  

En effet, les pasteurs et les agropasteurs sont constitués de ménages dont la subsistance essentielle dépend exclusivement de l’élevage mobile durant une partie de l’année. La mobilité est essentielle, car elle permet aux animaux d’accéder aux meilleurs pâturages et de s’adapter aux sécheresses. Il s’agit d’un système de résilience et de subsistance hautement spécialisé, tributaire de connaissances, de compétences et d’expérience de chaque ménage.

De par le mode de production en milieu pastoral (transhumance), les retombées économiques sont importantes mais l’expérience de mise en œuvre des projets fait établir le constat de nombreux conflits récurrents entre agriculteurs et éleveurs  sur le territoire au Burkina et surtout dans les zones frontalières de transit. Les risques de sécheresses récurrentes exacerbés par les changements climatiques, l’urbanisation galopante demandeuse de produits pastoraux, la faible implication des pasteurs dans les instances de décision et la définition des politiques favorables, constituent des défis majeurs à relever.  

Pourtant, dans ce contexte, les préoccupations des pasteurs et agropasteurs sont restées en marge des processus et n’ont pas toujours été suffisamment prises en compte dans les politiques et stratégies à tous les niveaux.  

Par ailleurs, les organisations professionnelles de pasteurs et d’agropasteurs qui ont été mises en place sont restées faibles au plan institutionnel et peu représentatives de leurs bases nonobstant les efforts de dynamisation en cours ces dernières années.  

Aussi, les organisations d’appui intervenant dans le développement rural n’ont pas toujours suffisamment inscrit le développement pastoral dans leurs agendas prioritaires et spécifiques.

Face aux sécheresses récurrentes, notamment celle de 2008, à la concurrence déloyale des produits laitiers importés, et compte tenue de la vulnérabilité grandissante des ménages pastoraux, le besoin de mettre en place une structure spécialisée dans l’appui au pastoralisme et à l’agropastoralisme au Burkina Faso s’est fait ressentir.  

C’est pourquoi, suite à une analyse des besoins de développement rural en général et des problèmes vécus par un groupe utile mais vulnérable que sont les pasteurs et agropasteurs, PASMEP a été mise sur place pour répondre à une demande croissante d’appuis et d’accompagnement.

Ce contexte spécifique de développement du pastoralisme au Burkina et dans la sous région, constitue donc le fondement même de la mission de PASMEP; celle de « Promouvoir les droits fondamentaux et la participation citoyenne des communautés pastorales et agro-pastorales ».  

Dans l’optique donc de se positionner comme structure professionnelle d’accompagnement du monde rural, PASMEP définit et oriente ses ambitions ainsi que ses actions majeures à travers un plan d’orientation stratégique (2015–2025) à même de lui conférer plus d’efficacité, de crédibilité, de légitimité, de visibilité et surtout de leadership sur la thématique du pastoralisme au Burkina Faso et dans la sous région.